• Alice Bodineau

Comment je concilie éthique et community management

Mis à jour : avr. 14

J’adore mon métier. J’aime ce que je fais chaque jour sur les réseaux sociaux : j’aime écrire, j’aime créer du contenu, j’aime parler avec les gens... Pourtant il me pose de vraies questions éthiques, parce que travailler sur le web rime avec pollution mais aussi parce que le community management, ça reste du marketing. Alors éthique et community management, l'équation impossible ?


Je limite grandement mon impact lié aux transports


J’ai cette chance immense de travailler de chez moi ! Oui, je considère cela comme une chance. Ce n’est pas fait pour tout le monde je le reconnais, mais je suis toute seule chez moi, et ça me convient très bien ! J’ai pris conscience, en discutant avec d’autres freelances de la communication, que le “home-office” ou “télétravail” revient souvent dans les arguments écolos car mine de rien, travailler de chez soi, c’est éviter de nombreuuuuux trajets en voiture. Et ça, c’est pas rien. Bien sûr, il y a des gens qui prennent tous les jours les transports en commun ou vont au travail à pied mais ils ne sont pas majoritaires.

La voiture restait, en 2013, le moins le plus utilisé (et de loin), pour se rendre au travail dans une autre commune, avant les transports en commun (15%)… et la marche (4%). - Les échos

(je n’ai pas trouvé de chiffres plus récents malheureusement !)


Quand je me déplace (à Paris le plus souvent), je prends le train : TGV (merci TGVmax), Intercité, TER (mon pref’), tout y passe ! Et je vais à la gare en tram la plupart du temps. Le train reste encore aujourd'hui l'une des solutions de transports les moins polluantes. Et puis c'est quand même chouette de pouvoir profiter des paysages.



La voiture reste donc au garage et nous sert surtout à rentrer dans nos familles (mon conjoint et moi) de temps en temps, quand nous décidons de ne pas faire le trajet à moto (la moto consomme moins et c’est tellement plus pratique en ville qu’on essaye de l’utiliser aussi souvent que possible !).


Je réduis mes outils de travail et j’en prends soin


Minimalisme oblige, j’essaie autant que possible de réduire mes outils de travail. Travailler sur Internet me permet de le faire sans trop de difficultés puisque je pourrais sans trop de problèmes me contenter de mon ordinateur et de mon téléphone portable. Comme j’aime garder un contact avec le papier (pour ne pas garder les yeux constamment rivés sur un écran, entre autre), j’ai aussi un cahier moyen format et un agenda. Je n'achète pas de carnets à l'avance, seulement que j'en ai besoin d'un nouveau. Dès que je le peux, j'achète des carnets d'occasion (oui ça existe !). Pour l'agenda, je fais au mieux avec My agenda 365, fabriqué en France et éco-conçu (fournitures et matières premières écologiques, expéditions zéro plastique et compensées en carbone, réutilisation, recyclage et compostage des déchets etc).


Il y a aussi mon disque dur externe qui me permet de faire des sauvegardes une fois de temps en temps, et mon matériel de tournage qui se résume pour le moment à un grip (une poignée, plus pratique et plus stable). Je garde dans mon bureau de quoi ranger mes papiers (surtout perso), une imprimante (qui me sert surtout pour des trucs perso), et pas mal crayons et feutres de couleurs en tout genre (que j'ai depuis plusieurs années).


Mon ordinateur est neuf. Oui neuf. J’aurais pu faire mieux niveau éthique car la fabrication des ordinateurs et des smartphones est désastreuse pour l'environnement comme pour les ouvriers qui y contribuent à l'autre bout du monde... J'aurais dû mais je ne trouvais pas ce qui me convenait dans les produits reconditionnés ou d’occasion car mon ordinateur reste mon premier outil de travail et j'ai des besoins particuliers. Je fais mon maximum pour qu’il dure le plus longtemps possible. Je l’ai troqué contre mon vieux coucou qui m’a rendu de bons et loyaux services pendant 8 longues années.


Evidemment, je limite autant que faire se peut ma consommation de données numériques (mails, onglets ouverts simultanément, moteur de recherche éco-reponsable...).


Mon appartement est alimenté en électricité verte (issue d'énergies renouvelables) grâce à Enercoop. Le coût au kilowatt est un peu plus élevé que chez EDF je crois, mais ils sont engagés et militent activement pour le développement des énergies renouvelable. Passer chez eux c'est les soutenir. L'éthique passe aussi par là.


J’essaie d’apporter de la valeur


Je fais de la communication. Du "marketing"… Mon métier c’est de donner envie aux gens de consommer. Bouuuuuuuuh !

Le marketing peut être défini comme l’ensemble des actions ayant pour objectifs d’étudier et d’influencer les besoins et comportements des consommateurs et de réaliser en continu les adaptations de la production et de l’appareil commercial en fonction des besoins et comportements précédemment identifiés. - Définitions marketing

Mais le marketing reste un outil. Un outil que l'on peut s'approprier de différentes façons. Alors pour tendre vers plus d'éthique dans mon travail, la première étape c’est de choisir mes clients. Je ne souhaite pas travailler avec des entreprises malhonnêtes ou mal intentionnées dont l’unique objectif est la recherche du profit ou qui ne se préoccupent ni de la qualité de leurs produits ni de l’impact environnemental et social de celui-ci ou encore des conditions de travail de leurs salariés - "éthique vous dites ? connais pas".


Je fais de mon mieux pour travailler avec des entreprises et des personnes avec qui je me sens à l’aise et dont nos convictions sont suffisamment proches. Ce n’est pas toujours facile (bien que je ne m’en sorte pas si mal aujourd’hui !) mais ça vaut vraiment le coup. :)


Plus concrètement, j’essaye de prendre du recul sur ce que je propose à mes clients pour leur permettre à la fois de gagner en notoriété, et qu’en même temps mes contenus puissent apporter quelque chose à celles et ceux qui les liront : les faire grandir, leur apprendre quelque chose voire les conseiller, mais aussi les amener à s’interroger ou les inviter à prendre soin d’eux. C’est cela que je veux partager avec les “socionautes”, en évitant à tout prix les publications vide de sens.


Et c’est un travail exigeant car il serait parfois beaucoup plus facile de faire des contenus “pièges-à-clics” qui récoltent des likes à la pelle. Comme le dirait si bien Dumbledore : “Bientôt nous aurons tous à choisir entre le bien... et la facilité.” (ouais je fais des ref' à Harry Potter ouais...)


J’évite de mettre tous mes oeufs dans le même panier


Voilà un conseil que je donne à mes clients et que j’essaie d’appliquer aussi bien dans ma vie pro que dans ma vie perso. Dans le marketing digital, ça se traduit par une communication multi-canal : Instagram, Facebook, Twitter évidemment... Mais aussi et surtout, site internet, blog et newsletter ! Ton site comme ta liste d’emailing t’appartiennent. Facebook, Instagram et Twitter sont de formidables outils de communication mais restent des entreprises énormes à la recherche de profit. Leurs intérêts diffèrent des miens comme des tiens et sont mêmes parfois en contradictions. Mon métier est déjà suffisamment dépendant de ces plateformes (dont l'éthique n'est pas vraiment le mot d'ordre), je ne souhaite pas continuer à les utiliser sans réagir : développer une communication multi-canal permet de se retourner en cas de problèmes.


Je m’interroge pour m’améliorer


Voilà où je place mon curseur. Nous ne faisons pas tous les mêmes choix, l'éthique ne passe pas par les mêmes actes selon les individus. Ce que je décris ci-dessus c'est mon équilibre, mes choix (mes incohérences) et je ne prétends nullement avoir trouvé la réponse universelle.


Je suis encore loin, très loin d’être parfaite. D’ailleurs pour être parfaite, il faudrait que je change de travail.


En attendant, j’essaie de trouver des solutions pour être plus écolo, plus économe, plus juste aussi. Bref, plus éthique. J’essaie de remettre en question mes méthodes ou mes outils de travail pour tenter de me rapprocher de mon idéal. Je réfléchis et je continuerais de m’interroger aussi longtemps que ce sera nécessaire.


C’est un travail long, fastidieux mais plus que jamais essentiel.


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