• Alice Bodineau

Pollution numérique : de quoi parle-t-on exactement ?

Mis à jour : févr. 6

Vous le savez sûrement (ou peut-être que n’osez-vous pas vous l’avouez ?) : internet et nos smartphones polluent. Le secteur du numérique est responsable de 4% des émissions mondiales de gaz à effets de serre en 2018, c'est deux fois plus que l'aviation civile.


Les impacts ont lieu à chaque phase du cycle de vie, notamment la phase d'extraction des matières premières et leur transformation en composant électronique : épuisement de ressources non renouvelables (argent, lithium, cobalt, étain, indium, or...), destruction de sites naturels, consommation d'eau et d'énergie liée à l'extraction...

Guide de la communication éco-responsable 2020 - Etude ADEME 2019 "La Face cachée du numérique"



La pollution numérique peut être catégorisée en trois parties, de la fabrication à la fin de vie du produit.


La fabrication

Des métaux rares sont utilisés pour fabriquer nos téléphones et nos ordinateurs (mais aussi éoliennes, panneaux photovoltaïques, batteries et véhicules électriques…) : bien souvent extraits dans des conditions de travail abominables, leur extraction est aussi une catastrophe écologique et leur recyclage très difficile.





La fabrication d'un ordinateur et de son écran =

  • 240kg de combustibles fossiles

  • 22 kgs de produits chimiques

  • 1,5 tonne d'eau.

Etude ADEME 2019 "La Face cachée du numérique"


L'utilisation

Les datacenters sont des centres de stockage et de traitement des données numériques. Si vous utilisez internet, vos données passent forcément par un Data Center. Quand vous demandez à votre navigateur de vous afficher tel ou tel site, lorsque que vous posez une question à votre moteur de recherche ou recevez un mail : l’information passe par plusieurs datacenters.


La plupart d’entre eux sont composés d’immenses bâtiments eux-mêmes constitués de longues rangées de serveurs informatiques reliés quasi-instantanément presque tous les ordinateurs de la planète. En France, de nombreux datacenters sont situés en banlieue parisienne, souvent en lieu et places d’usines désaffectées.


Les géants du web en possèdent des milliers. Même si la plupart d’entre eux ont engagés des moyens pour tenter de les faire fonctionner de manière plus écologiques et plus responsables, le nombre croissant d’internautes pèse lourd sur la demande énergétique. Rien qu’en France, ils consomment 10% de l’électricité du pays.




Pour vous donner un ordre d’idée, un seul datacenter “moyen” de Facebook consomme autant d’énergie que la ville de Strasbourg.



Il faut aussi prendre en compte toute l’énergie nécessaire à faire fonctionner nos ordinateurs, nos smartphones et tous nos objets connectés mais aussi pour faire tourner tous nos logiciels, toutes nos applications, en ligne ou non. La consommation électrique des outils numériques représente par exemple 10% de l'électricité mondiale.



Des solutions existent pour réduire l'impact environnemental des technologies sur la planète. À notre échelle nous pouvons déjà agir.


Le recyclage et la fin de vie

70% des déchets électriques et électroniques font l'objet d'un trafic dans le monde. Ils sont alors incinérés, enfouis ou recyclés dans des conditions terribles pour les êtres humains et l'environnement. Une autre partie rejoint les circuits "informels" en Afrique de l'Ouest ou en Chine, où les déchets sont brûlés à l'air libre, où les sols, les rivières et les nappes phréatiques sont pollués durablement.

Guide de la communication éco-responsable 2020 - Etude ADEME 2019 "La Face cachée du numérique"


Tu veux agir ? Il existent plusieurs leviers d'actions à plusieurs échelles de gouvernance. De plus en plus d'organisations se penchent sur la question de la pollution numérique (Digital for the planet, GreenIT...). Pour agir au quotidien voici quelques pistes pour limiter l'impact environnemental de ton usage du numérique.

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Sources : Novethic, CleanFox, Ademe